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Grève mardi 10 septembre, manifestations dans tout le pays !

Retraites :

un projet de loi dans la continuité de Fillon et Sarkozy !

L’Union syndicale Solidaires a été reçue le 27 août par le Premier ministre, qui a annoncé le soir même l’essentiel des mesures  retenues :  il  prolonge  et  aggrave  la  politique  Fillon  et  Sarkozy  par  un  nouvel  allongement  de  la  durée  de cotisation pour obtenir le taux plein et éviter la décote (43 ans en 2035), et une hausse des  cotisations  sociales. Le gouvernement  prétend avoir  joué la carte de la «concertation»  pour faire une «réforme  difficile  mais  juste», démarche  qu’il  appuie  par quelques mesures concernant la pénibilité, la  meilleure prise en compte des années d’apprentissage,  d’études  et  de  chômage  indemnisé,  la  promesse  d’améliorer  les  droits  familiaux  pour  les  femmes.
Mais ces mesures ne compenseront en rien les méfaits des contre-réformes précédentes et les conséquences de la nouvelle augmentation du nombre d’annuités décidée par le gouvernement dans la continuité des mesures prises en 2003, 2007 et 2010.
Le  gouvernement ne  touche pas à l’âge légal de départ à la retraite :  62  ans,  comme  si  c’était  une  grande  avancée sociale ! Rappelons que la retraite à 60 ans a été instaurée en 1981 et qu’effectivement à l’époque, c’était un progrès social important, dans une période où l’espérance de vie augmentait. Les bornes d’âge ont été repoussées de 2 ans par Nicolas Sarkozy en 2010. A l’époque, le Parti socialiste combattait cette contre-réforme. Aujourd’hui, le même parti étant au gouvernement, il faudrait considérer que la mesure prise par Sarkozy en 2010 était une bonne chose ?
Durée de cotisation : une hypocrisie totale !
Le gouvernement poursuit au-delà de 2020 ce qui a été mis en place par la loi de 2003 (loi Fillon) : l’augmentation continue  du  nombre  d’annuités  nécessaires.  Nous  en  sommes  à  41,5  annuités  (et  en  2020,à 41,75 annuités pour  la génération  née  en  1960)  pour  une  retraite  à  taux  plein.  Le  gouvernement poursuit  les  contre-réformes  de  ses prédécesseurs, il augmente le nombre d’annuités à 42 en 2023 et43 en 2035, à raison d’un trimestre tous les trois ans.
Hypocrisie,  car cotiser  pendant  43  ans  sera  impossible  pour  beaucoup, la  durée  moyenne  validée aujourd’hui  étant proche de 38 annuités. En réalité, cela conduira à baisser à nouveau le niveau des retraites, en y ajoutant la double peine de la décote (5% par annuité manquante, 25 % maximum), pour celles et ceux qui ne pourront pas attendre l’âge
de 67 ans ! Bien évidemment, ce seront les salarié-es les moins bien payés et ceux qui ont des carrières incomplètes (les femmes notamment) qui subiront le plus cette nouvelle attaque.
Dans une situation où il y a près de 5 millions de chômeurs et chômeuses (et un taux de chômage des jeunes de 25 %), où la moitié des salarié-es ne sont plus dans l’emploi au moment de faire valoir leur droit à la retraite, où l’espérance  de  vie  en  bonne  santé  stagne,  voire  commence  à  régresser,  les  projets  du  gouvernement  sont inacceptables.
Nous n’accepterons pas en 2013 ce que nous avons refusé en 2010 !
Salarié-es et retraité-es mis à contribution
Le gouvernement Sarkozy a repoussé la revalorisation de la pension de 3 mois, en la passant du 1erjanvier au 1er avril.
Le gouvernement Hollande-Ayrault la repousse de 6 mois, au 1er octobre ! Cette mesure coûtera 600 millions d’euros aux  retraité-es  dès  2014  et  deux  milliards  dès  2040.  Certains  retraité-es  paieront  plus  d’impôts  sur  le  revenu :  la bonification  de  10%  pour  les  parents  de 3  enfants  sera  imposable  dès  l’année  prochaine.  Cette  mesure  aura  des
conséquences  pour  les  retraité-es  arrivant  juste  à  la  limite  permettant  de  ne  pas  payer  d’impôts :  le  fait  d’en  payer déclenche la fin de l’exonération de la taxe d’habitation, le déclenchement du paiement de la CSG…
A ces mesures, s’ajoute une hausse des cotisations sociales, de 0,15 point pour les salarié-es et les entreprises en 2014, puis des augmentations chaque année pour atteindre 0,30 % en 2017. Mais le gouvernement a déjà annoncéque 144 boulevard de La Villette 75019 Paris
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les cotisations patronales seront compensées par des baisses sur d’autres cotisations sociales (la branche famille ?). Qui va  payer  ce  nouveau  cadeau  au  patronat ?Le risque est bien que cela soit reporté sur les ménages par une augmentation de la CSG, ou une TVA « sociale » qui ne dirait pas son nom. Cela viendra s’ajouter pour les salarié-es à la hausse de cotisation sociale retraites C’est ce que le gouvernement appelle les efforts « partagés ».
Inégalités entre les femmes et les hommes : on est loin du compte !
Les  inégalités  femmes/hommes  se  traduisent  aujourd’hui  en  matière  de  retraites  par  une  différence  de  pension  en moyenne de 33 %. La mesure principale étudiée par le gouvernement était de remplacer les 10% de majoration de  pension  pour  les  parents  de  3  enfants  par  une  somme  forfaitaire,  attribuée  en  priorité  aux  mères.Cette mesure allait dans le bon sens ; aujourd’hui le fait que cette majoration soit en pourcentage favorise les hauts salaires et davantage les pères que les mères : 70 % du montant global affecté à la majoration de 10 % est attribué aux pères et seulement 30 % aux mères alors que ce sont elles qui supportent encore l’essentiel des tâches liées aux enfants. Le
gouvernement en a retenu l’idée, mais repousse à 2020 et de façon progressive son application.
Les autres mesures sont un trimestre cotisé pour chaque période de 90 jours de congé maternité, l’acquisition d’un trimestre avec 150 heures cotisées au SMIC (au lieu de 200), ce qui prend en compte davantage de temps partiels.
Ces  mesures,  insuffisantes  pour  combler  les  inégalités  actuelles  de  pension,  seront  très  loin  de  compenser  les
conséquences du nouvel allongement du nombre d’annuités qui va encore une fois accroître les inégalités entre
les femmes et les hommes !
Les jeunes
Les apprenti-es valideront tous leurs trimestres travaillés, quelle que soit leur rémunération, ce que nous réclamions depuis  longtemps. Les  étudiant-es pourront racheter une année d’études, pendant une période définie à la fin des études (10 ou 20 ans) en bénéficiant d’une aide forfaitaire dont le montant reste à préciser. Cette mesure ne compense
pas le fait des études plus longue et le chômage important des jeunes. Et quels sont les jeunes qui pourront vraiment racheter cette année-là ?
Pénibilités : peut mieux faire !
Le  gouvernement  crée  un  compte  individuel  de  prévention  de  la  pénibilité,effectif en2015, financé seulement pour  partie par l’ensemble des entreprises.Ce compte permet, après 20 ans de travail pénible, une formation permettant une reconversion, un temps partiel payé à temps complet à 60 ans, ou un départ en retraite à 60ans, au lieu de 62 ans. Les facteurs de stress ou le caractère cumulatif des expositions ne sont pas intégrés. Les inégalités face à l’espérance de vie, notamment en bonne santé, exigent la prise en compte réelle de toutes les formes de pénibilités au travail.
Une vraie prise en compte de la pénibilité devrait permettre aux travailleur/euses exposés de bénéficier d’un départ anticipé à 55 ans : le gouvernement ne s’inscrit pas dans cet objectif !
Non à la baisse du pouvoir d’achat des salarié-es et des retraité-es !
Pour une autre répartition des richesses !
Pour financer notre système de retraites par répartition et l’améliorer, il est possible d’augmenter le taux de cotisation patronale  qui  n’a  pas  bougé  depuis  1979.  Il  suffirait  pour  cela  qu’un  peu  moins  de  dividendes  soient  versés  aux actionnaires ! En 2012, les dividendes versés par les entreprises du CAC 40 ont atteint 40,9 milliards d’euros, en hausse de 5% ! Il ya 30 ans, les entreprises distribuaient 100 milliards de profits… aujourd’hui, c’est 230 milliards : elles versent plus, tout en se plaignant de la crise et du « coût du travail ». Elles attribuaient alors 30 % des bénéfices aux actionnaires… aujourd’hui,c’est 80 % au détriment de l’emploi, de l’investissement et des salaires, et en conséquence
au détriment du financement de la protection sociale.
Pour Solidaires, les cotisations doivent être élargies à l’ensemble des revenus distribués par les entreprises : salaires mais  aussi  intéressement,  stock-options,  bonus  et  dividendes.  Assurer  le  financement  des  retraites passe aussi par remettre en cause les exonérations de cotisations patronales qui n’ont pas prouvé leur efficacité économique et sociale.
Face à cette nouvelle régression sociale, nous n’avons pas d’autre choix que celui de la mobilisation interprofessionnelle :c’est le sens de l’appel unitaire
(Cgt, Fo, Fsu, Solidaires) pour la journée de grève et de manifestations du 10 septembre.
Ce doit être le début d’un processus de mobilisation sociale et citoyenne pour mettre un coup d’arrêt à cette nouvelle attaque de nos droits à la retraite !

Tract Solidaires Retraites

Published in- Solidaires- SUD Education 91